jeudi 16 janvier 2014

Henri Maldiney

"Ce que parler veut dire nous l'apprenons des poètes. Parce qu'ils sont partagés entre les choses et les mots comme nous. Mais eux le savent et certains le disent en propres termes.
Leurs paroles, alors, a la violence de ce qui, divisé d'avec soi, a à devenir réel. Telle l'écriture de Francis Ponge.
Il fallait en tenter l'approche en souvenir de l'ami, en faveur de l'esprit."

Henri Maldiney, Le vouloir dire de Francis Ponge, éditions Encre Marine

mardi 24 décembre 2013

Joyeux anniversaire !

Bonjour,

— Où est-il ?
— Est-ce qu’il est là ?
— Personne ne l’a vu ?
— Pourtant, il devait être ici ce matin !

De qui je parle, me demandez-vous ?
De Jésus, bien sûr !
Si je comprends bien, Noël c'est son anniversaire, non ?
Et l'on m’a dit que les tout -petits sont très fiers d'être ses invités!
Et tous les autres, alors ?
Ils sont aussi invités !
D'accord, mais le savent-ils ?
Il faut le leur demander, dites-vous ?
Ok!…
Vous ne le saviez pas ? On ne vous l’a pas dit ?
On vous l’a dit…, mais…, vous n’y croyiez pas, c'est ce que vous dites ?
Vous ne croyez pas à quoi ?
Que Jésus serait présent à son anniversaire ?
Ça vous est déjà arrivé, à vous, d’inviter vos amis à votre anniversaire et d’être absent de chez vous ?
Où est-il donc ? Dites-moi!

……IL EST ICI !
C'est vous qui le dites!
Mais "ici" où ?…
Bon, je comprends, vous ne désirez pas aller plus loin…
Revenons quand même à la question initiale:
—Où est-il ?
Les premiers qui ont posé cette question dans la Bible, si ma mémoire est bonne, ce sont les Mages !
On ne sait pas combien ils étaient ni comment ils s’appelaient, la Bible ne le dit pas, ça n’a pas d'importance.
L’important, c’est qu’ils viennent de loin : de l’Orient ! Ils cherchaient l’enfant qui venait de naître, et leur question exacte était, je crois :

— Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?"

Alors, ici, j’ai encore besoin de votre participation :
— à qui les Mages posent cette question impossible ?
Ah! oui, vous pensez à…
— à Hérode, bien sûr !
Or, Hérode était Roi de la Judée à l’époque !
Vous imaginez la gaffe des mages !
D'après le récit de l'enfance, ça a failli coûter la vie à l’enfant Jésus, Le Roi Hérode s’en prendra en effet à tous les enfants âgés de quelques jours à deux ans, pensant que Jésus serait dans le lot.
Voilà où mène la folie du pouvoir !
Les mages sont donc venus de loin, ils ne sont pas juifs, ils ont leur propre croyance, mais cela ne les a pas empêché de traverser des frontières géographiques et religieuses, à la recherche de la vérité.
Et ils finiront par la découvrir de manière inattendue, non dans les livres de philosophie ou de sciences, mais dans une humble crèche !

Le prophète Esaïe, qui écrivait huit siècles plus tôt, dit :
—"Le peuple qui marche dans les ténèbres voit une grande lumière; sur ceux qui habitent le pays de l'ombre de la mort une lumière resplendit".
 Partis de l'Orient, les mages arrivent à Jérusalem, et là ils ne posent qu'une seule question :
—Où est-il, celui qui vient de naître?

Voilà des savants qui cherchent la lumière! Faisons comme eux : allons à sa recherche ! N'oublions pas cependant qu'il est toujours déjà là, Celui que nous cherchons!


vendredi 6 décembre 2013

Adieu Nelson Mandela, Homme de paix!

Hier soir en voiture, je reçois un SMS de l'une de mes filles, je me gare et lis : "Papa, Nelson Mandela est mort !". Je suis envahi par la tristesse, et en même temps je ressens une sorte de soulagement : La mort de Mandela est une grande perte pour sa famille, son peuple et pour l'humanité pour qui il restera un exemple en terme de courage et du don de soi pour la conquête de la dignité et la liberté des siens…, mais c'est aussi un soulagement pour tous ceux qui l'aiment de le savoir en paix désormais, libéré de ses souffrances et des contraintes médicales de ces derniers mois!
Les hommages, unanimes, en provenance des quatre coins du monde affluent, tous soulignent le courage et la détermination de cet homme qui a, de manière décisive, contribuer à mettre fin à l'un des systèmes d'asservissement les plus odieux inventé par l'homme, l'Apartheid!

Rendre hommage à l'action d'un homme ne suffit cependant pas, qu'adviendra-t-il de son message de paix et de courage pour œuvrer à construire ensemble un monde pacifié et réconcilié avec lui-même ?

"Parfois, il incombe à une génération de faire preuve de grandeur.
Vous pouvez être cette grande génération.
Laissez votre grandeur s'épanouir." (Nelson Mandela)

lundi 28 octobre 2013

Citation du jour

"Seule la joie nous permet de supporter et de connaître l'étendue de notre malheur. L'homme du malheur ne peut supporter le réel dans son entier. Il doit donc en partie se le cacher. La joie, cette force majeure, quasi mystique, nous garantit seule que nous puissions approuver l'existence. C'est cette approbation que la philosophie peut exprimer, tout en traquant les innombrables formes de refus de la réalité."
(Clément Rosset)

mardi 8 octobre 2013

Les journées du Fonds Ricoeur



L’INAVOUABLE POLITIQUE DE LA « COMMUNAUTE » LITTERAIRE ?
Lundi 14 octobre 2013

Depuis La communauté désoeuvrée, le philosophe Jean-Luc Nancy a souligné ce qu’il dit constituer,
entre la « passion politique » de l’écrivain Blanchot et sa propre réflexion, un « différend si sérieux
qu’il resta paradoxalement très peu apparent » : il « aurait touché […] au fond de la question
politique et même au fond de la question de l’« essence » de la « communauté » : car la version qu’en
donne Blanchot dans la Communauté inavouable n’est pas étrangère à ses convictions des années
30 », encore en lien avec une certaine théologie chrétienne de l’incarnation, justifiant la « passion »
comme politique, ou la politique comme « passion » - au sens équivoque de la « Passion » ?
Le fonds de l’affaire se joue toujours dans le rapport décisif qui est posé entre littérature et politique,
renvoyant à une scène originaire, ou de fondement, ou encore à un « extrême » humainement vrai que
l’on ne peut se défausser de « regarder sans voir ». Selon Blanchot, cet « extrême » est une
transcendance d’autant performative qu’elle est inavouable : ce serait dire que l’« essence » de la
communauté humaine ne prend corps politique que par l’écriture capable de cet inavouable ?
A quelques uns, nous répondrons, et avec lui, à cette invitation de Jean-Luc Nancy à considérer
comment il se trouve toujours une écriture de l’intrigue humaine première qui noue, dénoue cette
question de la transcendance en politique, que la Modernité révoque ou que la philosophie assume de
déconstruire inlassablement.
(Isabelle Ullern)

Matin (9h30-12h30) Modération I.Ullern
• La précipitation du désastre, Hannes OPELZ (Dublin)
• Réponse de Jean-Luc NANCY
• La tragédie qui reste. Le paradigme de la communauté tragique chez Georges Bataille et
Jean-Luc Nancy, Tommaso TUPPINI (Verone)
• Réponse de Jean-Luc NANCY
Après-midi (14h-17h) Modération O.Abel
• La voix inattendue de Sarah Kofman dans le débat, Isabelle ULLERN (Paris)
• Réponse de Jean-Luc NANCY
• Qu’en dirait un théologien inscrit dans la déconstruction du christianisme ?, Pierre Gisel
(Lausanne)
• Réponse de Jean-Luc NANCY
• Réponse à tous, Jean-Luc NANCY
Lieu : Amphithéâtre de la Faculté Protestante, 83 Bd Arago, 75014, Métro : Denfert.
Renseignements et inscriptions, secrétariat de la Faculté, Tél. 0143316164, secretariat@iptheologie.fr

jeudi 26 septembre 2013

Lire Serge Meitinger

"Il n'y a pas un point où l'on puisse fixer ses propres limites de manière à dire: jusque-là c'est moi!" (Plotin)

"Notre impossible origine (personnelle, familiale, nationale), c'est Eros et Thanatos ! Se pencher sur ce sans-fond c'est en effet tenir les deux à la fois, être tenu par les deux, faire de l'abîme le lieu de notre émergence, de notre potentiel naufrage comme de notre résurgence.
Nous ne pouvons échapper à la question de notre identité originelle et nous ne pouvons y répondre exactement car l'origine n'est ni un point ni un territoire ou un terroir bien circonscrit ni une collection de qualités positives dont on pourrait dresser la liste puis l'authentifier d'un sceau personnel, familial, ethnique ou national.
L'origine reste béance, déchirure et mystère, un manque avéré et parfois désespéré dont il vaut mieux faire le deuil…"

Serge Meitinger, Littérature et origine, in La Revue des Ressources, 30 avril 2004

Citation du jour

 "La philosophie ne se développe pas en progressant, elle est au contraire l'effort de déployer et d'éclairer le même petit nom...