mardi 1 juillet 2014

C'est à lire: Gestalt-thérapie. Pour une esthétique de l'existence

Présentation
"La Gestalt-thérapie a pour objet l’ajustement permanent de l’individu à son environnement. Elle favorise le développement de la créativité ainsi qu’une meilleure présence à soi-même et aux autres. Or, la Gestalt a été initiée par trois artistes, Fritz Perls, Laura Perls et Paul Goodman, et les auteurs de ce livre s’attachent à cet aspect des origines. La Gestalt-thérapie est ainsi présentée en tant qu’esthétique de l’existence, et le gestalt-thérapeute comme un artiste singulier pratiquant l’art de s’incarner dans l’expérience de la vie.
Analogies entre processus de création artistique et processus thérapeutiques, apports des pratiques théâtrales à l’exercice de la Gestalt, rôle fondamental de l’expérimentation, rôle thérapeutique du groupe : tout ceci ramène à la manière dont la Gestalt-thérapie, en ses différentes modalités de fonctionnement, vise à connecter les personnes à leur puissance créatrice.
Nourri de situations vécues, l’ouvrage permet aux cliniciens ou profanes avertis de découvrir ou d’assimiler les développements d’une thérapie sans cesse en mouvement."

Les auteurs:
Elisabetta Caldera, après avoir été comédienne de théâtre, développe son activité de Gestalt-thérapeute en parallèle des missions de coaching et de conseil en entreprise.
Francis Vanoye, professeur émérite à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, est Gestalt-thérapeute et formateur à l’École Parisienne de Gestalt. Il est notamment l’auteur de La Gestalt, thérapie du mouvement.

C'est à lire

"Avant-propos
Cette étude se propose de dégager la mort comme thème essentiel de l'oeuvre de
Maurice Blanchot, lue comme une philosophie à part entière, 
et plus précisément comme une phénoménologie.

De Thomas l'obscur à L'Instant de ma mort, toute l'oeuvre de Blanchot décrit
l'expérience du mourir, la ressasse indéfiniment, conformément au mouvement même du
mourir qui toujours recommence et échoue sans cesse à mourir, comme si le mourir était, non
seulement le thème essentiel, mais la dynamique même de l'oeuvre de Maurice Blanchot.
Seule sa mort, en 2003, a pu mettre un terme à l’interminable.

La pensée du XXème siècle est marquée par deux grandes phénoménologies de la mort,
celle de Martin Heidegger et celle d’Emmanuel Levinas, mais il revient à Maurice Blanchot
de montrer que la dualité est, non point fortuite, mais fondée dans la chose même, dans la
duplicité de la mort possible et de la mort impossible, de la mort mienne et la plus propre, et
de la mort anonyme et impersonnelle, et de leur renversement de l’une à l’autre.

Cette étude se propose de dégager systématiquement les sources philosophiques de la
phénoménologique blanchotienne de la mort en insistant tout particulièrement sur son rapport
de ré-appropriation et de contestation de la pensée heideggerienne, Maurice Blanchot ne
substituant pas purement et simplement la mort impossible impersonnelle à la mort possible à
chaque fois mienne, mais interprétant cette dualité comme constituant l'essentielle duplicité de
la mort. 
La phénoménologie de Blanchot dépasse plusieurs apories de l'analyse
heideggerienne de l'être-envers-la-mort permettant ainsi de dégager l'événementialité de la
mort et de décrire le rapport à la mort d’autrui. 
Blanchot ouvre ainsi des possibilités prolongées dans l’herméneutique événementiale de Claude Romano et dans la psychiatrie existentielle d’Henri Maldiney."

Etienne Pinat, "Les deux morts de Maurice Blanchot. Une phénoménologie", préface par Jérôme de Gramont, éd. Zeta Books, 2014

samedi 7 juin 2014

C'est à lire

"La relation d'un fait à celui qui en est le témoin et d'un événement à celui auquel il arrive sont de nature tout à fait différente. Considérons un fait comme le passage du jour à la nuit ou de la nuit au jour. Tout d'abord, un tel fait ne peut être analysé comme un simple changement se produisant à l'intérieur d'une substance plus ou moins identique, il met en jeu une pluralité ouverte d'étants, ce que nous pourrions désigner comme un "monde ambiant": la tombée de la nuit, par exemple, consiste en un affaiblissement progressif de la lumière qui modifie le mode de visibilité de tout un entourage, estompant la couleur des choses, rendant leur contour moins défini; si nous sommes en ville, elle s'accompagne de l'apparition de nouvelles lumières, celles des réverbères par exemple, puis celles des fenêtres et des balcons, mais aussi de tout un changement d'atmosphère plus diffus et impalpable, plus difficile à décrire: les bureaux et les magasins ferment, la population qui déambule dans les rues se modifie, les bars et les cafés s'illuminent, une douceur particulière, parfois un repos, gagne certains quartiers, tandis que d'autres, plus "animés", sont saisis de frénésie et de gaîté ; nous entrons dans un autre rythme, dans une scansion nouvelle de l'existence. Ce fait banal et quotidien, nous en sommes témoins chaque jour, il est préfiguré dans les possibilités de l'existence qui sont celles de notre monde quotidien ; son apparition ne nous surprend pas, elle ne bouleverse en rien les possibles préalables à partir desquels se déploie l'horizon de nos attentes, mais au contraire actualise certains de ces possibles, précisément ceux qui expliquent son surgissement: le soleil a accompli son cycle, donc la nuit vient. En outre, si un tel événement a besoin de témoins, au sens où il fait appel à une expérience perceptive, il se produit indifféremment pour quiconque en est témoin, il est un fait pour tout le monde, ce qui veut dire aussi, en un sens, pour personne.
Il en va tout différemment de ce que je propose d'appeler un événement au sens événemential. Considérons la mort d'un être cher. Bien sûr, cette mort apparaît préfigurée dans les possibles de notre monde: depuis toujours ou presque, nous "savons" que la mort vient frapper n'importe qui, qu'elle n'épargne aucun de ceux que nous aimons, qu'elle peut survenir n'importe quand, n'importe où. Et pourtant, au moment où cette mort se produit, notre première réaction est souvent de surprise et d'incrédulité —"Ce n'est pas possible!" Cette formule dit bien la paradoxale impossibilité de l'événement— et cela, quand bien même il serait attendu et prévisible au plus haut point. En tant que fait comme un autre, l'événement de la mort d'autrui actualise des possibles préalables préfigurés dans l'horizon de notre monde quotidien ; à cet égard, il est susceptible d'une explication ; il a des causes: un accident ou à l'inverse une longue maladie ; son surgissement apparaît éminemment compréhensible et explicable à l'aune de ces possibles. Et pourtant, en tant qu'événement, la mort d'autrui nous frappe de stupeur, elle nous plonge dans l'incompréhension et le désarroi. Comment rendre compte d'un tel paradoxe ? En vérité, l'événement ne se réduit aucunement à son actualisation comme fait ; il déborde tout fait et toute actualisation par la charge de possibles qu'il tient en réserve et en vertu de laquelle, ce qu'il atteint, ce sont les assises même du monde pour l'existant. Il ne réalise pas seulement un possible préalable, pré-esquissé dans l'horizon de notre monde ambiant, il atteint le possible à sa racine et, par suite, il bouleverse le monde même de celui à qui il survient: ce n'est pas tel ou tel possible, c'est la "face du possible", la "face du monde" qui apparaît pour lui changée."

Claude Romano, L'aventure temporelle, Puf, 2010, p.30-31

lundi 19 mai 2014

Je fais souvent ce rêve étrange…

"Je fais souvent ce rêve étrange et 
pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et
qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me
comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur,
transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ?—je 
l'ignore.
Son nom ? je me souviens qu'il est doux
et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des
statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et 
grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues."

Paul Verlaine, Mon rêve familier.

jeudi 15 mai 2014

C'est à lire

"Dans la vie de saint Augustin se tient une ombre, une femme, nommée Elissa dans le roman, qui partagea sa foi manichéenne, fut sa concubine, lui donna un fils, vécut avec lui à Carthage, Thagaste, puis en Italie où le jeune rhéteur la congédia de son existence.
Quand Elissa prend la parole, aux premières pages de ce livre, presque douze ans ont passé depuis sa "répudiation". Revenue vivre à Carthage, elle s'est liée d'amitié avec un couple dont le mari, Silvanus, a pour métier de consigner sur des parchemins les discours d'avocats, rhéteurs ou prédicateurs. C'est par lui qu'elle apprend le passage prochain à Carthage d'Augustinus, désormais évêque d'Hippone…
Roman tout en miroitements, par lequel une vie scintille dans une autre, ce livre aux accents d'anti-confessions passe au crible de celle qui sait les débuts puis la carrière du saint homme.
La mémoire d'Elissa est tenace, en elle la fidélité l'emporte sur la désillusion. Et l'auteur excelle à revisiter les textes augustiniens, interpréter les silences, traquer les demi-aveux, pressentir les non-dits, déchiffrer l'insidieuse pesée du lien maternel, restituer l'intime, effleurer la peau des souvenirs…
Avec ce portrait en creux d'un "cher disparu", Claude Pujade-Renaud réplique à l'histoire officielle, témoigne pour le témoin qu'est Elissa, et poursuit sa réflexion — constante dans toute son œuvre — sur les coulisses des pouvoirs… temporel et spirituel."

Claude Pujade-Renaud, Dans l'ombre de la lumière, Actes Sud, 2013 (quatrième de couverture)

mardi 13 mai 2014

Evénement

L'entreprise et « le parcours de la reconnaissance » de Paul Ricoeur
Table ronde du 19 mai 2014
18h – 20h15
Institut de Théologie Protestante
83 Boulevard Arago Paris 14° (Métro Denfert-Rochereau)
Mois après mois, jour après jour, s'accroît la perte de confiance des Français envers eux-mêmes, leurs institutions et leurs élites, particulièrement politiques, mais aussi managériales – surtout celles des grandes entreprises.
Un aspect de cette inquiétante dérive nous frappe : non seulement les salariés se disent de moins en moins respectés ou écoutés par leur hiérarchie, mais surtout, ce sentiment s’accroît quand l'entreprise effectue des changements importants dans ses dispositifs managériaux (par exemple, évaluation des performances et gestion des compétences).
Crise de confiance, crise d'identité, crise d'autorité : nous avons besoin, en entreprise, d'outils intellectuels pour mieux comprendre ce qui se passe, ainsi que d'exemples créateurs d'espoir.
Dans ce contexte, le centenaire de la naissance de Paul Ricoeur est venu à point nommé pour reposer de bonnes questions sur le parcours de la reconnaissance mutuelle que des individus ou des organisations peuvent suivre – et suivent parfois – pour construire une entreprise capable, donc légitime : ancrage dans la mémoire, explicitation de promesses, formulation et reformulation permanente d'une identité narrative, imputabilité assumée par le leader, respect de la parole donnée…
On ne s'improvise pas philosophe, ni dirigeant, ni chercheur. C'est pourquoi est née, suite au centenaire, l'idée de monter une « conversation » entre ces trois métiers, dans l'espoir d'un enrichissement mutuel, en évitant l'affrontement ou le consensus à tout prix.
Nous proposons donc une « conversation » à quatre voix :
- Frédéric Sanchez, président du directoire de Fives, membre fondateur du Cercle des entreprises centenaires de l’Anvie, qui dirige une société d'ingénierie de plus de six mille collaborateurs, dont l'ambition est d'inventer les usines du futur.
- Dominique Bailly, directeur de la performance et de la prospective ressources humaines à La Poste, membre fondateur du Cercle des entreprises centenaires de l’Anvie, qui est au coeur de la mutation stratégique de la Poste aujourd'hui.
- Olivier Abel, professeur des universités, professeur de philosophie à l’Institut Protestant de Théologie et à l'EHESS, président du conseil du Fonds Ricoeur.
- Roland Reitter, docteur de Harvard, professeur émérite à HEC, membre fondateur du Cercle des entreprises centenaires de l’Anvie et président du jury du Prix LeaderInnov.
L'auditoire aura largement la possibilité d'intervenir.
Déroulé :
18h – introduction par Jacques Mistral, président de l’Association Paul Ricoeur.
18h15 – 19h15 présentation à quatre voix.
19h15 – 20h débat lancé par le commentaire à chaud d'un invité surprise.
20h - conclusion par Bernard Ramanantsoa, Directeur Général d’HEC Paris
suivie d'un cocktail dans les jardins de l'Institut.
Organisateurs :
L'Association Paul Ricoeur.
HEC Paris.
Le Cercle des Entreprises Centenaires de l 'ANVIE (Association nationale de valorisation interdisciplinaire de la recherche en sciences humaines et sociales auprès des entreprises), présidée par Jean Monville, président d'honneur de Spie, et dirigée par Alice Bertrand.
LeaderInnov, association présidée par Jean-Luc Obin.
Elizabeth Frémaux, du cabinet ATOEM, qui joue un rôle actif dans la préparation de cette table ronde.
Vous êtes invités à vous inscrire très vite auprès du 0143316164, ou bien à : secretariat@iptheologie.fr. Les places sont limitées.

jeudi 8 mai 2014

Evénement

L’écrivain Christiane Veschambre est l’invitée de France culture ce WE ; en effet, dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 mai, de minuit à 6h, sera diffusée la "Nuit rêvée" que Christiane a été invitée à composer pour France culture : trois entretiens menés par Geneviève Huttin et des émissions choisies parmi les archives radiophoniques.

Pour suivre l'émission :
http://www.franceculture.fr/emission-la-nuit-revee-de-la-nuit-revee-de-christiane-veschambre-2014-05-11

Citation du jour

 "La philosophie ne se développe pas en progressant, elle est au contraire l'effort de déployer et d'éclairer le même petit nom...