vendredi 7 août 2020

Ces mots de Michelle Obama qui me touchent profondément

"Je me réveille en pleine nuit parce que quelque chose me préoccupe, ou parce que je ressens un poids.

j'essaie de faire du sport, mais il y a eu des périodes pendant cette quarantaine où je n'avais juste pas le moral (…) Je passe par ces hauts et ces bas émotionnels que tout le monde ressent, pendant lesquels on ne se reconnaît pas. Ce n'est pas une époque pendant laquelle on s'épanouit, spirituellement. Je sais que je passe par une forme de dépression légère. Pas seulement à cause de la quarantaine, mais aussi à cause des luttes raciales. Et voir cette administration, voir son hypocrisie, jour après jour, c'est démoralisant."

Elle poursuit et explique dans The Michelle Obama Podcast, diffusé sur Spotify, qu'il était "épuisant de se réveiller et de voir encore une nouvelle histoire sur un homme noir ou une personne noire étant déshumanisé(e), blessé(e), tué(e) ou faussement accusé(e) de quelque chose. Et cela fait peser un fardeau que je n'ai pas ressenti depuis un moment dans ma vie."

Faisant référence aux tensions qui agitent le pays depuis plusieurs mois, et les manifestations antiracistes sans précédent à travers les Etats-Unis, suite à la mort, fin mai, de George Floyd, décédé étouffé sous le genou d'un policier blanc, Michelle Obama ajoute : "Nous sommes à un moment unique de notre histoire. Nous traversons quelque chose que personne de notre vivant n'a vécu." 

Pourquoi suis-je si touché par ces mots, c'est que sans être moi-même afro-américain, qu'il s'agisse de la pandémie (toujours en cours presque partout dans le monde) ou de la tragédie raciale aux USA dont on n'entrevoit pas la fin, je vis au fond de moi les mêmes sentiments, les mêmes émotions qu'expriment ici, avec gravité et simplicité cette femme remarquable d'humanité et de dignité.

Bravo et merci Madame

Source Huffpost, édition française, en date du 06/08/2020

mardi 4 août 2020

Le temps sensible

"L'humanité ne commence vraiment que quand le déchirement et la souffrance prennent un visage. Ce visage est celui du temps (…) Le temps, en effet, n'est pas seulement ni d'abord l'intervalle abstrait qui mesure les changements sensibles — lumière, ombres, mouvements — mais, plus originairement, le rythme irréductible et incessant des bouleversements intimes qui affectent et modifient notre présence au monde. Un deuil a son temps propre, une rencontre, une décision ont le leur. Ce temps s'inscrit dans notre chair, dans une mémoire corporelle antérieure au souvenir. Le temps vivant ne se manifeste donc pour nous dans toute sa concrétude qu'au travers de failles et de points critiques où notre existence bascule, où son sens se fait jour de manière renouvelée (…) L'expérience du temps naît, acquiert sa consistance et sa structuration de la traversée d'expériences, c'est-à-dire de la rencontre même du réel. C'est le réel qui met le temps en branle…
Or le réel est justement ce qui, au moment même où il nous atteint, nous échappe aussi pour l'essentiel : ce n'est que rétrospectivement, pour celui qu'il a transformé, qu'il acquiert son sens véritable. L'événement n'apparaît comme tel qu'après coup, baigné dans cette lumière rétrospective qui appartient à son mode même de manifestation. C'est pourquoi le temps réel et vivant, celui de notre histoire, n'existe que par ce poids de réalité qui lui confère sa force agissante, et qui en fait pour nous, à jamais, un temps perdu, un temps que nous nous essoufflons à rejoindre, un temps que nous perdons notre temps à vouloir rattraper."

Claude Romano

vendredi 31 juillet 2020

Citation du jour

« Que nous aimions ou non à nous l’avouer, nous sommes des plantes que leurs racines font sortir de terre pour qu’elles puissent fleurir dans l’éther et porter des fruits. »

Johann Peter Hebel (1760-1826)

lundi 27 juillet 2020

Devenir membres du blog

Le blog fait peau neuve et intègre de nouvelles fonctionnalités, dont la rubrique "Membres" créée spécialement pour celles et ceux qui souhaitent adhérer. Aucun engagement à part celui de faire partie d'un cercle d'amis qui commence à se constituer, et dont le soutien m'est très précieux pour poursuivre cette belle aventure autour des livres, commencée en 2008 et fortement encouragée alors par la ferveur de certains proches et amis ! Hélas, longtemps laissé en veilleuse et suite à des remaniements au sein du groupe hébergeur "Blogger", le blog a perdu la liste des premiers adhérents! C'est comme ça, c'est la vie.

Comment faire pour adhérer ? Rien de plus simple : cliquez sur "S'abonner" et suivez le guide…

Comme y insiste l'édito, ce blog ne vit que par et pour les livres, j'en lis personnellement tous les jours et tout au long de l'année avec un réel plaisir, que je cherche à partager avec vous à travers le blog. Vos réactions et commentaires donneront plus de vie à ce lieu que j'ai toujours souhaité convivial et libre. Pas de langue de bois, pas de flatterie délibérée (nuisible à la créativité), mais pas non plus de propos irrespectueux ou calomnieux à l'égard des autres contributeurs pas plus qu'à mon égard.

Merci d'avance pour votre confiance.

dimanche 26 juillet 2020

Blanchot, le dernier homme

"Pourtant, ça et là, perçait une note juste, comme un cri révélant derrière le masque quelqu'un qui demandait éternellement secours sans réussir à indiquer où il se trouvait."

Maurice Blanchot, Le dernier homme, Gallimard, 1957

jeudi 23 juillet 2020

Anne Dufourmantelle

Les éditions Payot-Rivages ont l'heureuse idée de publier dans leur collection "Bibliothèque Rivages" les chroniques d'Anne Dufourmantelle initialement parues dans les colonnes du quotidien Libération.
Comme chacun sait, Anne Dufourmantelle était psychanalyste et philosophe, et qu'elle est décédée de manière tragique en Juillet 2017. 
Lecteur inconditionnel de ses livres, cités à plusieurs reprises dans ces colonnes, je ne peux que recommander celui-ci dont la lecture revigorante peut aider à cerner et à dépasser ce qui nous fait violence au quotidien. Un des thèmes plus ou moins récurrent dans l'œuvre d'Anne Dufourmantelle, c'est le consentement à ce qui arrive : "il y a ce qui arrive", écrivait-elle, et d'ajouter "Avec la part de risque certes (…), mais aussi de liberté, de choix, de courage que cela engage."
Robert Maggiori lui rend un vibrant hommage dans sa préface : "elle est l'une des rares personnes qui ont su allier les deux qualités (psychanalyste et philosophe)… Les patients garderont évidemment secrète la manière dont Anne Dufourmantelle a donné à leurs vies la force de se reprendre. Mais en réunissant ici les  chroniques qu'elle a données à Libération, on donne à tous les lecteurs la possibilité de voir comment la psychanalyste et la philosophe a su, dès leur apparition symptômale, déceler les pathologies, les travers, les difficultés que connaît notre société, et qui pour se révéler empruntent parfois les voies les plus inattendues."

Anne Dufourmantelle, Chroniques, Payot/Rivages, 2020

Citation du jour

"Notre humaine aussi bien qu'inhumaine condition ne nous laisse aucun répit, de sorte que tout être se trouve aux prises avec l'étrange murmure : Qui es-tu ?Que fais-tu de ta vie ? Comment te comportes-tu ?Pourquoi te laisser entraver par la peur ? Pourquoi t'empêches-tu de vivre ? Abats les murs derrière lesquels tu te blottis. Et avance. Avance. Crée toi-même la lumière dont tu as besoin…"

Charles Juliet

Citation du jour

 "La philosophie ne se développe pas en progressant, elle est au contraire l'effort de déployer et d'éclairer le même petit nom...