"Et mon originale géographie aussi ; la carte du monde faite à mon usage, non pas teinte aux arbitraires couleurs des savants, mais à la géométrie de mon sang répandu, j'accepte
et la détermination de ma biologie, non prisonnière d'un angle facial, d'une forme de cheveux, d'un nez suffisamment aplati, d'un teint suffisamment mélanien, et la négritude, non plus un indice céphalique, ou un plasma, ou un soma, mais mesurée au compas de la souffrance"
Cent poèmes d'Aimé Césaire, éditions Omnibus, 2009, p.109
vendredi 27 mai 2011
jeudi 28 avril 2011
Citation du jour
"Ce qui nous est arrivé, ou bien est arrivé à tout le monde, ou bien à nous seuls ; dans le premier cas ce n'est pas neuf, et dans le second cela demeure incompréhensible."
Fernando Pessoa, Le Livre de l'intranquillité, Bourgois, 1999
Fernando Pessoa, Le Livre de l'intranquillité, Bourgois, 1999
vendredi 22 avril 2011
Vendredi Saint
Abdou— J'ai dîné hier chez des amis, ils sont musulmans, bien que les jeunes se disent non pratiquants…
Pauline—…Et alors ?
Abdou— Alors, je ne sais pas comment on est arrivé à parler de la semaine sainte…C'est quelque chose qui les intrigue, surtout le Vendredi Saint, curieusement Pâques ne semble pas les étonner plus que ça, je ne sais pas pourquoi… Bref, à un moment donné, mon ami Barry, le père de famille, a posé sa tasse de thé sur la table et m'a regardé droit dans les yeux: "Dis-moi, Abdou, pourquoi ce vendredi est si particulier pour vous chrétiens?"
Pauline— Tu le sais au moins ?
Abdou— Tu te fiches de moi ou quoi? — Parce que c'est celui qui précède le dimanche de Pâques…
Pauline— Bien! mais encore…?
Abdou— Mais encore quoi ?
Pauline— Tu ne leur as pas raconté la Passion, je veux dire tout le supplice infligé à Jésus et son exécution sur une croix ?
Abdou— Si, si… un peu…Mais j'ai surtout parlé des autres acteurs autour de Jésus…
Pauline— Tu veux parler des apôtres ?
Abdou— Non, pas eux, tu sais ce jour-là, les disciples sont pratiquement inexistants…, Juda, lui, s'est déjà pendu, quant aux autres… Non, je leur ai parlé des gens qui avaient véritablement un pouvoir…de décision.
Pauline— Ponce Pilate, le procurateur romain ?…
Abdou— Oui, à commencer par Ponce Pilate. C'est lui qui pousse en effet devant lui le captif flagellé, couronné d’épines, la face déjà griffée par les stigmates de la mort…
Pauline— …Et qui s'écrie en désignant Jésus:
__”Voici l’Homme!
Abdou— Puis Pilate s’en ira laver ses mains!
Pauline— Pilate ne voulait pas livrer le Christ au supplice de la croix, mais il a cru devoir le faire…
Abdou— Tout comme Caïphe, le grand-prêtre, lui non plus ne voulait pas mettre le Christ à mort, mais il a cru qu’on ne lui pardonnerait pas s’il ne le faisait pas…
Pauline— Où veux-tu en venir avec tout ça ?
Abdou— Ce que j'ai dit à mon ami, c'est que pour moi la Passion, le supplice du Christ, c'est un message universel, au-delà de toute confession particulière, car il s’adresse aux bras et aux mains que nous sommes tous, aux bras et aux mains que nous nous contentons d’être, chaque fois que nous obéissons sans exercer notre conscience.
Pauline__ Tu veux dire que la Passion du Christ interroge notre monde sur la responsabilité de ses actes?
Abdou— C'est exactement cela, mais le monde dont il est question ce n'est pas le monde abstrait, ce n'est pas la société en général, non il s'agit de toi et moi, de chacun en particulier dans ses choix quotidiens!
Pauline— Tout cela demande réflexion…Agir en toute conscience…! Désobéir s'il le faut et assumer mon acte en accord avec ma conscience!…
Abdou— Je reconnais la difficulté…Mais comment faire autrement sans se renier soi-même ?
Pauline—…Et alors ?
Abdou— Alors, je ne sais pas comment on est arrivé à parler de la semaine sainte…C'est quelque chose qui les intrigue, surtout le Vendredi Saint, curieusement Pâques ne semble pas les étonner plus que ça, je ne sais pas pourquoi… Bref, à un moment donné, mon ami Barry, le père de famille, a posé sa tasse de thé sur la table et m'a regardé droit dans les yeux: "Dis-moi, Abdou, pourquoi ce vendredi est si particulier pour vous chrétiens?"
Pauline— Tu le sais au moins ?
Abdou— Tu te fiches de moi ou quoi? — Parce que c'est celui qui précède le dimanche de Pâques…
Pauline— Bien! mais encore…?
Abdou— Mais encore quoi ?
Pauline— Tu ne leur as pas raconté la Passion, je veux dire tout le supplice infligé à Jésus et son exécution sur une croix ?
Abdou— Si, si… un peu…Mais j'ai surtout parlé des autres acteurs autour de Jésus…
Pauline— Tu veux parler des apôtres ?
Abdou— Non, pas eux, tu sais ce jour-là, les disciples sont pratiquement inexistants…, Juda, lui, s'est déjà pendu, quant aux autres… Non, je leur ai parlé des gens qui avaient véritablement un pouvoir…de décision.
Pauline— Ponce Pilate, le procurateur romain ?…
Abdou— Oui, à commencer par Ponce Pilate. C'est lui qui pousse en effet devant lui le captif flagellé, couronné d’épines, la face déjà griffée par les stigmates de la mort…
Pauline— …Et qui s'écrie en désignant Jésus:
__”Voici l’Homme!
Abdou— Puis Pilate s’en ira laver ses mains!
Pauline— Pilate ne voulait pas livrer le Christ au supplice de la croix, mais il a cru devoir le faire…
Abdou— Tout comme Caïphe, le grand-prêtre, lui non plus ne voulait pas mettre le Christ à mort, mais il a cru qu’on ne lui pardonnerait pas s’il ne le faisait pas…
Pauline— Où veux-tu en venir avec tout ça ?
Abdou— Ce que j'ai dit à mon ami, c'est que pour moi la Passion, le supplice du Christ, c'est un message universel, au-delà de toute confession particulière, car il s’adresse aux bras et aux mains que nous sommes tous, aux bras et aux mains que nous nous contentons d’être, chaque fois que nous obéissons sans exercer notre conscience.
Pauline__ Tu veux dire que la Passion du Christ interroge notre monde sur la responsabilité de ses actes?
Abdou— C'est exactement cela, mais le monde dont il est question ce n'est pas le monde abstrait, ce n'est pas la société en général, non il s'agit de toi et moi, de chacun en particulier dans ses choix quotidiens!
Pauline— Tout cela demande réflexion…Agir en toute conscience…! Désobéir s'il le faut et assumer mon acte en accord avec ma conscience!…
Abdou— Je reconnais la difficulté…Mais comment faire autrement sans se renier soi-même ?
vendredi 25 mars 2011
Citation du jour: Le Néant précède l'angoisse
« Que l’angoisse dévoile le Néant, c’est ce que l’homme confirme lui-même lorsque l’angoisse a cédé. Avec le clairvoyant regard que porte le souvenir tout frais, nous sommes forcés de dire : ce devant quoi et pourquoi nous nous angoissions n’était "réellement"… rien. En effet : le Néant lui-même – comme tel – était là. »
(Heidegger)
(Heidegger)
samedi 5 mars 2011
Citation du jour
"Une main offerte
C’est un monde nouveau.
Deux bras ouverts
C’est le miracle.
Je te prêterai
Un peu de ma folie.
Enseigne-moi
Un peu de ta sagesse.
Un peu mais pas trop.
Quand tu me verras raisonnable
Si je le deviens jamais,
Rends-moi, s’il te plaît,
Un peu de ma folie.
Empêche-moi de m’éteindre.
Je ne me blesserai pas de tes silences.
Tu respecteras les miens.
Je ne t’assassinerai pas
De « pourquoi ? ».
Tu n’es ni clé ni serrure.
Je ne suis ni charade
Ni question à résoudre.
Tu es toi.
Je suis ce que je suis.
Je ne troublerai pas
Ta musique intérieure.
Ne dis pas
Que je fais des fausses notes,
Si je ne pense pas comme toi.
Nous sommes des vivants,
En quête de vivants.
Donne-moi la main.
Je prierai avec toi,
A ma façon.
Pas avec les mêmes mots,
Qu’importe les mots,
Si nous prions ensemble.
L’essentiel
Est dans le désir de prier."
Simone Conduché, La joie, Desclée, 1981
C’est un monde nouveau.
Deux bras ouverts
C’est le miracle.
Je te prêterai
Un peu de ma folie.
Enseigne-moi
Un peu de ta sagesse.
Un peu mais pas trop.
Quand tu me verras raisonnable
Si je le deviens jamais,
Rends-moi, s’il te plaît,
Un peu de ma folie.
Empêche-moi de m’éteindre.
Je ne me blesserai pas de tes silences.
Tu respecteras les miens.
Je ne t’assassinerai pas
De « pourquoi ? ».
Tu n’es ni clé ni serrure.
Je ne suis ni charade
Ni question à résoudre.
Tu es toi.
Je suis ce que je suis.
Je ne troublerai pas
Ta musique intérieure.
Ne dis pas
Que je fais des fausses notes,
Si je ne pense pas comme toi.
Nous sommes des vivants,
En quête de vivants.
Donne-moi la main.
Je prierai avec toi,
A ma façon.
Pas avec les mêmes mots,
Qu’importe les mots,
Si nous prions ensemble.
L’essentiel
Est dans le désir de prier."
Simone Conduché, La joie, Desclée, 1981
samedi 26 février 2011
La Voie
"Le vaisseau spatial Terre continue à toute vitesse sa course dans un processus à trois visages: mondialisation, occidentalisation, développement.
Tout est désormais interdépendant, mais tout est en même temps séparé. L'unification techno-économique du globe s'accompagne de conflits ethniques, religieux, politiques, de convulsions économiques, de la dégradation de la biosphère, de la crise des civilisations traditionnelles mais aussi de la modernité. Une multiplicité de crises sont ainsi enchevêtrées dans la grande crise de l'humanité, qui n'arrive pas à devenir l'humanité.
Où nous conduit la voie suivie ?
Vers un progrès ininterrompu ?
Nous ne pouvons plus le croire. La mort de la pieuvre totalitaire a réveillé la pieuvre des fanatismes religieux et stimulé celle du capitalisme financier. Elles enserrent de plus en plus le monde de leurs tentacules. La diminution de la pauvreté se fait non seulement dans un accroissement de bien-être matériel, mais également dans un énorme accroissement de misère.
Allons-nous vers des catastrophes en chaîne ?
C'est ce qui paraît probable si nous ne parvenons pas à changer de voie.
Edgar Morin pose ici les jalons d'une "Voie" salutaire qui pourrait se dessiner par la conjonction de myriades de voies réformatrices et nous conduire à une métamorphose plus étonnante encore que celle qui a engendré les sociétés historiques à partir des sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs." (Quatrième de couverture)
Edgar Morin, La Voie. Pour l'avenir de l'humanité. Fayard, 2011
Tout est désormais interdépendant, mais tout est en même temps séparé. L'unification techno-économique du globe s'accompagne de conflits ethniques, religieux, politiques, de convulsions économiques, de la dégradation de la biosphère, de la crise des civilisations traditionnelles mais aussi de la modernité. Une multiplicité de crises sont ainsi enchevêtrées dans la grande crise de l'humanité, qui n'arrive pas à devenir l'humanité.
Où nous conduit la voie suivie ?
Vers un progrès ininterrompu ?
Nous ne pouvons plus le croire. La mort de la pieuvre totalitaire a réveillé la pieuvre des fanatismes religieux et stimulé celle du capitalisme financier. Elles enserrent de plus en plus le monde de leurs tentacules. La diminution de la pauvreté se fait non seulement dans un accroissement de bien-être matériel, mais également dans un énorme accroissement de misère.
Allons-nous vers des catastrophes en chaîne ?
C'est ce qui paraît probable si nous ne parvenons pas à changer de voie.
Edgar Morin pose ici les jalons d'une "Voie" salutaire qui pourrait se dessiner par la conjonction de myriades de voies réformatrices et nous conduire à une métamorphose plus étonnante encore que celle qui a engendré les sociétés historiques à partir des sociétés archaïques de chasseurs-cueilleurs." (Quatrième de couverture)
Edgar Morin, La Voie. Pour l'avenir de l'humanité. Fayard, 2011
lundi 21 février 2011
MERCI !
Chers amis,
Du souffle frais et vivifiant, vous m’en avez apporté à profusion ce samedi 19 février,
de quoi remplir mon cœur d’amour et de reconnaissance!
Vous êtes venus nombreux (une invitée, qui s’y reconnaîtra, et dont la foi est manifeste,
m’a suggéré en douce pendant que les invités affluaient de faire un petit miracle:
prier pour que les murs du salon s’étirent! Finalement, je crois que le miracle a bien eu lieu!)
Merci du fond du cœur aux uns et aux autres, à ceux qui pour différentes raisons n’ont pu être de la fête,
comme à ceux qui sont venus, merci pour vos messages pleins d’affection,
pour les cadeaux aussi (j’ai failli écrire des cas dos, non merci mon dos va bien à 65 ans!),
autant de signes d’amitié qui m’ont d’abord, je l’avoue, surpris:
je ne vous apprends rien, on n’est jamais sûr d’être aimé comme il faut,
souvent par mauvaise foi ou parce qu’on a peur de ne pas le mériter!
Par contre on peut être sûr d’aimer quelqu’un
alors que celle/celui-ci continue à demander plus ou moins implicitement qu’on le lui prouve…
Oh là là! Je m’embarque trop loin.
Je veux juste vous dire un grand MERCI!
Je vous embrasse
Alkaly
PS: Plusieurs amis et proches, habitués à partager avec moi des moments heureux et/ ou moins heureux, seront surpris en lisant ces lignes, qu'ils me pardonnent: je n'ai pas réussi à inviter tout mon monde. Nous aurons d'autres occasions de réjouissance ensemble, je le crois.
Du souffle frais et vivifiant, vous m’en avez apporté à profusion ce samedi 19 février,
de quoi remplir mon cœur d’amour et de reconnaissance!
Vous êtes venus nombreux (une invitée, qui s’y reconnaîtra, et dont la foi est manifeste,
m’a suggéré en douce pendant que les invités affluaient de faire un petit miracle:
prier pour que les murs du salon s’étirent! Finalement, je crois que le miracle a bien eu lieu!)
Merci du fond du cœur aux uns et aux autres, à ceux qui pour différentes raisons n’ont pu être de la fête,
comme à ceux qui sont venus, merci pour vos messages pleins d’affection,
pour les cadeaux aussi (j’ai failli écrire des cas dos, non merci mon dos va bien à 65 ans!),
autant de signes d’amitié qui m’ont d’abord, je l’avoue, surpris:
je ne vous apprends rien, on n’est jamais sûr d’être aimé comme il faut,
souvent par mauvaise foi ou parce qu’on a peur de ne pas le mériter!
Par contre on peut être sûr d’aimer quelqu’un
alors que celle/celui-ci continue à demander plus ou moins implicitement qu’on le lui prouve…
Oh là là! Je m’embarque trop loin.
Je veux juste vous dire un grand MERCI!
Je vous embrasse
Alkaly
PS: Plusieurs amis et proches, habitués à partager avec moi des moments heureux et/ ou moins heureux, seront surpris en lisant ces lignes, qu'ils me pardonnent: je n'ai pas réussi à inviter tout mon monde. Nous aurons d'autres occasions de réjouissance ensemble, je le crois.
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