jeudi 16 avril 2015

Essais sur Blanchot

Holland.jpg4è de couverture :

Écrire sur Blanchot est un défi, tant son oeuvre est diverse, variée. Chercher à l'organiser autour d'une unité conceptuelle, littéraire ou philosophique semble une tâche vaine, voire contradictoire. Dès lors, il ne faut pas prétendre à en faire une présentation synthétique, unifiée et unifiante. Au contraire, le critique doit se montrer humble et réduire son ambition en-deçà : seul un « avant dire », qui n'est évidemment pas un « avant lire », peut accompagner, en toute fidélité, l'itinéraire de cet écrivain, et éclairer çà et là une oeuvre qui recèle encore bien des inconnus.

Tel est l'enjeu de ce livre : des fictions aux écrits théoriques, de la politique aux rencontres à la fois philosophiques et poétiques, Michael Holland examine avec précision les parcours multiples et parfois contradictoires qui traversent cette oeuvre et en sont comme la « marque ».

Michael Holland enseigne la littérature française à l'université d'Oxford (St Hugh's College). On lui doit la première bibliographie des écrits de Maurice Blanchot (1975, 1981). Il est l'auteur depuis trente ans de nombreuses études de l'oeuvre de Blanchot, en français et en anglais, et le traducteur des Chroniques littéraires du « Journal des Débats » (Fordham University Press). Il est un des fondateurs des Cahiers Maurice Blanchot.

Ce volume reprend les articles de Michael Holland hormis celui paru dans Gramma n°3/4 (1976).
Il comporte deux textes inédits : "Parole(s) de pugiliste. Entre Char et Blanchot" et "Comment trancher "le noeud paradoxal" ? Blanchot et Levinas".
Le livre est organisé en cinq parties :
- Fiction
- Politique
- Contre le nihilisme
- Rencontres
- Envoi

Michael Holland, "Avant dire. Essais sur Blanchot", Hermann, 2015

jeudi 9 avril 2015

Dimanche de Pâques

Ce matin à l'aube
j'ai vu la lune
qui a vu le soleil
et qui tranquille
s'en est allée
me laissaant émerveillé!

Joyeuses Pâques à tous.

samedi 4 avril 2015

Vendredi Saint

Ponce Pilate, après avoir livré Jésus, aurait dit:
"Je m'en lave les mains."
Comment s'en laver les mains ? Par quel pouvoir ?
Au contraire, les mains sales, il faut les montrer.
Il faut se les approprier comme fruit de mon acte, volontaire ou pas.
Puis, puis…attendre!
Entrer dans le silence, avec ses mains, les mêmes, toujours sales.
Attendre…, le premier jour de la semaine, comme l'écrit l'évangéliste :
PÂQUES!
Passage irréversible de la culpabilité au pardon, de la mort à la vie!

mercredi 1 avril 2015

LES MERCREDIS DE l’IESR (Institut européen en sciences des religions)


A tout hasard, et dans l'urgence, je vous communique l'info suivante:

Bernard Godard présentera ce soir à l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes) son dernier livre “La question musulmane en France”, avec comme discutant Philippe Gaudin, de l’Institut européen en sciences des religions, spécialiste de la Laïcité et membre de la Commission de la Fédération Protestante de France chargée des relations avec l’Islam, dont je fais moi-même partie.
Présentation :
La question musulmane en France (Fayard, 2015) développe un certain nombre de points qui sont le signe d’une évolution récente de l’islam à l’intérieur de nos frontières européennes. Les évolutions géopolitiques du monde musulman, les échos de l’affrontement entre Israël et le Hamas bouleversent en effet en profondeur la réalité de l’islam dans notre société. Marqué par l’affirmation de deux hégémonies, marocaine et turque, sur nos propres communautés, l’islam traditionnel tend à être décrédibilisé depuis l’apparition d’un islam combattant, voire terroriste, apparu depuis l’affaire Merah et surtout depuis la guerre en Syrie. Celle-ci a suscité de nombreuses vocations djihadistes au cœur même de notre pays.
Quel est le rôle des imams, quelle place pour les mosquées dans la cité, pour les écoles coraniques, quelle est l’influence d’Internet dans cette évolution? Voici quelques-unes des interrogations, parmi de nombreuses autres, que soulève ici Bernard Godard. Il analyse également en profondeur les arrière-plans de l’islamophobie et la guerre des cultures que ces questions génèrent au cœur de notre société.
1er avril 2015, à 18h30
EPHE - Bâtiment Le France, aile B, 1er étage, salle 117
190 av. de France, Paris 13e [Métro Quai de la Gare]
Entrée libre
Programme des prochains mercredis de l’IESR : www.iesr.fr Suivez-nous également sur twitter @IESR_EPHE

mercredi 25 mars 2015

Soumission

Une provocation, une farce, un récit de politique-fiction, une fable visionnaire ? Vous l'avez peut-être deviné, je veux parler bien sûr de "Soumission", dernier roman de Michel Houellebecq paru en janvier dernier (Flammarion).
Pour en débattre, les membres du Cercle de Lecture se retrouveront le 13 mai à Paris, à 20h30. Les places étant très limitées, comme d'habitude, si vous envisagez de vous joindre à nous, merci de me prévenir le plus tôt possible. Nos soirées se passent autour d'un repas convivial offert par la personne qui reçoit. A bientôt, peut-être ?

dimanche 8 mars 2015

On peut mourir de penser

"Ulysse en haillons est reconnu par son vieux chien Argos.

La scène est bouleversante parce que aucun homme et aucune femme sur l'île d'Ithaque n'a encore reconnu Ulysse déguisé en mendiant : c'est son vieux chien, Argos, qui reconnaît cet homme tout à coup.
Le premier être surpris à penser, dans l'histoire européenne, est un chien.
C'est un chien qui pense un homme.
Je reprends la scène : Le chien est étendu sur le fumier. Au son d'une voix qui s'élève près de la porte, il lève la tête. Il voit un mendiant en train de parler avec le porcher. Mais le déguisement ne trompe pas longtemps le chien : il pense Ulysse dans le mendiant.
Or, au même instant, soudain, c'est Ulysse lui-même qui ressent qu'on le reconnaît dans l'espace (que quelqu'un "pense" à lui dans le milieu). Ulysse regarde autour de lui, il aperçoit, enfin, pas très loin du portail, gisant sur le tas d'ordures et de pailles souillés, son très vieux de chasse, Argos, avec qui il courait les sangliers, les cerfs, les lièvres, les bouquetins vingt ans plus tôt, quand il était le roi de l'île.
Ulysse ne veut surtout pas être reconnu. Il essuie en hâte une larme qui coule sur sa joue qu'il a préalablement salie avec un bout de bois charbonneux en sorte de ne pas être identifiable.
Argos, quant à lui, lève les yeux, tend son museau dans l'air, "pense" Ulysse dans le mendiant, remue la queue, couche ses deux oreilles, meurt.
Il pense et il meurt.
Ainsi le premier être qui pense dans Homère se trouve être un chien parce que le verbe "noein" (qui est le verbe grec qu'on traduit par penser) voulait dire d'abord "flairer". Penser, c'est renifler la chose neuve qui surgit dans l'air qui entoure."

Pascal Quignard, Mourir de penser, Grasset, p.17-18

mercredi 4 mars 2015

Pascal Quignard

"Oïstrakh et Stern étaient amis. C'étaient de véritables amis. Cette amitié dura vingt ans sans qu'elle se démentît jamais. Seule la mort, qui n'accomplit rien, y mit un terme. La dernière fois qu'ils se virent, ce fut à Londres, en 1974. Oïstrakh n'avait que soixante-six ans alors mais il sembla à Stern qu'il avait l'air complètement épuisé. Il avait pris beaucoup de poids. (Il allait mourir trois mois plus tard.) Isaac Stern prit la main de son ami et lui dit:
— Tu es fatigué, David.
— Oui.
— Quitte ton pays. Viens te reposer.
— Je ne peux pas, Isaac. Ils ne laissent pas ma femme et mes enfants voyager avec moi.
— Alors travaille moins.
— Je ne peux pas. Si j'arrête de jouer, je pense. Si je me mettais à penser, je mourrais."

Mourir de penser, éditions Grasset, p.16

Citation du jour

 "La philosophie ne se développe pas en progressant, elle est au contraire l'effort de déployer et d'éclairer le même petit nom...