mercredi 1 juin 2016

Christiane Veschambre, Basse langue

Présentation du livre

"Les livres nous arrivent dans la force du surgissement, nous rendant étrangers au familier – aussi bien en tant que lecteur qu’en tant qu’écrivain, et Christiane Veschambre parle là de ce double point de vue. Ce sont eux qui lui ont permis d’être à l’écoute de la « voix privée de langue, une voix de grand-mère débile » dont elle est la « petite-fille lettrée », à laquelle elle a tenté de donner ses « propres mots ».
C’est de cheminer avec eux, en eux, qu’elle cherche la langue « qui étrange, qui étrangle », la basse langue.
Et c’est sur ce chemin qu’elle nous entraîne à ses côtés, revenant sur quatre lectures, quatre rencontres, avec les œuvres d’Erri De Luca, Robert Walser, Emily Dickinson, Gilles Deleuze, et, en guise d’épilogue, avec Mrs Muir, le personnage du film de Mankiewicz.
Mais Christiane Veschambre nous fait emprunter en parallèle, tout au long de Basse langue, ce qu’elle appelle ses « traverses », plus intimes, qui creusent, fouillent dans « l’imprononçable qui demande à être articulé », dans la langue « grondante, souterraine ». Autant de petites proses qui semblent cristalliser sa vie de femme, de femme écrivain, toujours veillant cependant à « détacher le personnel du singulier », pour rejoindre l’étrangère qui est en elle."

• Christiane Veschambre, Basse langue, Collection « singuliers pluriel », Editions Isabelle Sauvage
142 pages, 14 x 20 cm / juin 2016
ISBN : 978-2-917751-68-8 / 18 euros
Publié avec le soutien de la région Bretagne

mardi 19 avril 2016

Théophile Gautier "Niobé"

Théophile Gautier fait de Niobé le symbole de la mélancolie, thème particulièrement intéressant pour mes recherches sur le deuil.

"Sur un quartier de roche, un fantôme de marbre, 
Le menton dans la main et le coude au genou, 
Les pieds pris dans le sol, ainsi que des pieds d'arbre, 
Pleure éternellement sans relever le cou.

Quel chagrin pèse donc sur ta tête abattue ? 
À quel puits de douleurs tes yeux puisent-ils l'eau ? 
Et que souffres-tu donc dans ton cœur de statue, 
Pour que ton sein sculpté soulève ton manteau ?

Tes larmes, en tombant du coin de ta paupière, 
Goutte à goutte, sans cesse et sur le même endroit, 
Ont fait dans l'épaisseur de ta cuisse de pierre 
Un creux où le bouvreuil trempe son aile et boit.

Ô symbole muet de l'humaine misère, 
Niobé sans enfants, mère des sept douleurs, 
Assise sur l'Athos ou bien sur le Calvaire, 
Quel fleuve d'Amérique est plus grand que tes pleurs ?"

Cf. Th. G, Emaux et Camées

(Voir Ovide, Métamorphoses, Livre VI)


Christiane Veschambre

Je relais cette invitation.
Christiane Veschambre est une amie de longue date, nous l'avons régulièrement reçue au Cercle de lecture à l'occasion de la sortie de ses livres.

"Les éditions du Préau des collines
ont le plaisir de vous inviter à une présentation des textes de
Christiane Veschambre par Geneviève Huttin
le 29 avril à 18 heures
à l’espace de L’autre Livre, 13, rue de l’École Polytechnique Paris 5e
L’écriture de Christiane Veschambre peu à peu m’a envahi, son territoire
où l’acuité se marie à un monde, source sensible et douloureuse magnifiée par la force de l’écriture…
Qui plus que Geneviève Huttin était à même de nous la présenter, elle-même
riche d’une voix refusée et reconquise.
Ces femmes nous parlent, dialogue rejouissant sous le préau des collines.
Jacques Le Scanff "

jeudi 17 mars 2016

Citation du jour. Bachelard

"L'efficacité spirituelle de deux consciences simultanées, réunies dans la conscience de leur rencontre, échappe soudain à la causalité visqueuse et continue des choses. La rencontre nous crée: nous n'étions rien—ou rien que des choses—avant d'être réunis."

Bachelard

JEAN-MARIE SCHAEFFER, L'expérience esthétique

"Contempler un tableau ou un paysage, écouter une pièce de musique, s’immerger dans un univers sonore, lire un poème, voir un film : telle est l’expérience esthétique. Or, dans chaque culture humaine, elle est de toutes les expériences communément vécues à la fois la plus banale et la plus singulière.
Singulière car elle a pour condition qu’on s’y adonne sans autre but immédiat que cette activité elle-même ; banale, car elle n’en demeure pas moins de part en part une des modalités de base de l’expérience commune du monde. Elle exploite le répertoire de l’attention, de l’émotion et du plaisir mais elle leur donne une inflexion particulière, voire paradoxale. Il s’agit donc, démontre Jean-Marie Schaeffer, de comprendre non pas l’expérience des œuvres d’art dans sa spécificité, mais l’expérience esthétique dans son caractère générique, c’est-à-dire indépendamment de son objet. Si l’expérience esthétique est une expérience de la vie commune, alors les œuvres d’art, lorsqu’elles opèrent esthétiquement, s’inscrivent elles aussi dans cette vie commune. Mais n’est-ce pas là ce qui peut arriver de mieux et aux œuvres et à la vie commune?
Faisant appel aux travaux de la psychologie cognitive, aux théories de l’attention, à la psychologie des émotions et à la neuropsychologie des états hédoniques pour en clarifier la nature et les modes de fonctionnement, l’ambition philosophique de cet ouvrage est de comprendre le comment de l’expérience esthétique – la généalogie évolutionnaire de cet emploi si singulier de nos ressources cognitives et émotives – et le pourquoi – ses fonctions, existentielles tout autant que sociales. Après cela, il sera difficile de penser l’expérience esthétique comme autrefois."

Cet ouvrage remarquable devrait trouver écho chez les Gestaltistes!

Collection NRF Essais, Gallimard, 2015

dimanche 6 mars 2016

jeudi 4 février 2016

SÉMINAIRE DU FONDS RICŒUR


Olivier Abel, professeur à l’Institut protestant de théologie / Fonds Ricœur, CRAL.
Rodolphe Calin, maître de conférences à l'Université Paul-Valéry Montpellier, CRAL
Nicola Stricker, professeur associée à l’Institut protestant de théologie/Fonds Ricœur

2e lundi du mois de 11 h à 14 h, de novembre 2015 à mai 2016, salle 11 ou 21,
IPT 83 bd Arago 75014 Paris. Métro Denfert.
Calendrier

14 décembre :
 Rodolphe Calin sur « L’imagination chez Bachelard » (suite et fin),
 Olivier Abel sur « remarques sur l’imagination, et les figures de la communauté ecclésiale »
11 janvier :
 Nicola Stricker « L’imagination comme catégorie théologique »
 Aurore Dumont « Ricoeur et Althusser : acheminement vers une rencontre »,
 Adélaïde Gregorio-Fins « La tension entre l’universel et le singulier. Repenser la morale à travers
l’imagination narrative et littéraire : Paul Ricoeur et Martha Nussbaum »
8 février :
 Aurore Mréjen « Idéologie et utopie chez Ricœur et Arendt. Le rôle de l’imagination »
 Azadeh Thiriez-Arjangi « La psychanalyse, un chemin vers la philosophie hégélienne — sur la tragédie et le complexe d'Œdipe »
 Roberta Picardi, sur « Dialectique et poétique »
14 mars :
 Charles Reagan « Ricœur dans le paysage américain aujourd’hui »
 Beate Bengard « Réception et Reconnaissance. L’herméneutique œcuménique de Paul Ricœur à la
lumière de processus œcuméniques actuels en France »
 Alberto Romele «Traces numériques et herméneutique matérielle»
 Marjolaine Deschênes « Diagnostiquer le care comme symptôme d’une culture désenchantée »
11 avril :
 Nicolas Poirier « Castoriadis et la découverte de l'imagination »
Alkaly Cissé « Deuil et mélancolie dans l'œuvre de William Faulkner. Une lecture phénoménologique de Claude Romano »
 Jean-Paul Nicolaï « Imaginer le nouveau »
9 mai :
 Delia Poppa « Le dédoublement du sujet imageant. Recherche de soi et oubli de soi »
 Geoffrey Dierckxsens « Singularité et responsabilité. Une étude critique de l’anthropologie morale de Paul Ricœur »
 Paolo Furia « La reconnaissance entre institution et utopie »
 Ivan Altieri sur « le travail de l’imagination dans la théorie de la métaphore de Paul Ricœur »

Valère Novarina, Le jeu des Ombres

 Bonne nouvelle, j’ai retrouvé Valère Novarina, je n’avais plus de nouvelles depuis plusieurs mois, alors qu’il me suffisait de lever les ye...