Après "Apaisement —Journal VIII" écrit entre 1997 et 2003, et publié en 2013, voici le nouveau tome du Journal de Charles Juliet qui nous introduit dans l'intime, les doutes, les interrogations de l'auteur, et aussi des rencontres bouleversantes, au fil des pages dont la justesse, le dépouillement, l'exigence entrainent le lecteur au cœur d'une quête qui devient, sans s'en rendre compte, la sienne aussi :
"Ce qui monte du tréfonds exige d'être écrit dans une langue nue. Si elle n'était pas d'une absolue nudité, j'aurais l'impression de trahir l'essence de ce qui cherche à venir au jour.
Comme lorsqu'on veut dire la souffrance, il ne faut pas un mot de trop".
Charles Juliet, Gratitude. Journal IX. 2004-2008, P.O.L, 2017, p. 11
mardi 19 décembre 2017
lundi 18 décembre 2017
Clara Dufourmantelle : «Tu m’as appris à dire oui, à plonger la tête dans l’invisible, à célébrer la vie»
HOMMAGE
Par Clara Dufourmantelle — 30 juillet 2017 à 17:06
A sa mère Anne Dufourmantelle disparue le 21 juillet
Réseau de lumières éparses dans la nuit je vous cherche encore Réseau de lumières amies venez pressez-vous autour de nos visages L’ombre nous avale
Et le rire de maman contre mon épaule
Me montre le chemin. Eteignez les lumières de la ville Eteignez les bougies Les phares de vos voitures Je cherche le rayon vert qui part du cœur Comme un ange J’ai attendu toute la nuit Je voulais entendre ta voix encore une fois Et c’est ton rire qui a explosé dans mes pensées Comme un bateau En deuil Au milieu de l’espace
Maman,
Tu m’as appris à me réjouir de chaque imprévu
Tu m’as appris à dire oui
A plonger la tête dans l’invisible et tu m’as donné une soif de vivre, une soif de célébrer la vie, qui m’habite inépuisablement et qui est au cœur de mon désir de travailler avec la scène. De créer des communautés enthousiasmées et enthousiasmantes autour de la musique, de la parole. On a écumé ensemble les musées et les opéras, tu m’as donné l’amour de la renaissance italienne, l’amour des romans, de la philosophie, l’amour de l’amour. Un jour je t’ai dit que ce qui nous différenciait toi et moi, c’était le rapport qu’on avait à la vérité. Je pensais que tu n’y croyais pas et je trouvais ça facile. J’avais tort je crois. A ta façon, un slalom tout en douceur, tu restes libre. Tu passes dans nos vies avec ton amour et tu disparais maman. Une histoire de karma. Mon problème, tu disais, c’est que je veux toujours être une fée.
Tu as toujours fait ce que tu désirais maman. Je me souviens d’une discussion sur l’héroïsme qu’on avait eue ensemble. J’étais très excitée après avoir lu un passage des séminaires de Lacan. Je trouvais ça merveilleux de définir la figure du héros comme celui qui ne cède pas sur son désir. Je crois que tu es une belle héroïne maman.
Tu as publié ton premier roman (1), tu as aimé follement et toujours comme tu le voulais toi.
Tu as ta façon bien particulière d’être hors-la-loi maman. Tu fais toujours les choses un peu à côté, avec un sourire tendre, comme pour t’excuser d’être celle qui regarde dans le sens inverse. Comme si c’était involontaire, comme si tu n’y pouvais rien. Tu as cette façon de te tromper toujours de mois ou de jour quand tu achètes des billets d’avion, de taper le rythme des chansons avec la pédale de frein dans la voiture. Tu te débrouillais toujours pour couper toutes les files, mais avec une telle tendresse que personne ne disait jamais rien. Tu avais cette façon de défendre les positions anarchistes les plus belles, les plus courageuses, avec ce petit rire d’excitation que tu as quand tu t’enthousiasmes. Tu as une force et un courage et une puissance inouïs, maman. Tu montres souvent pattes blanches mais personne n’est dupe. Moi, je ne suis pas dupe. Ta puissance, je l’accueille dans mon cœur, et j’espère que de là-haut, tu seras fière des fêtes à venir.
J’ai envie de partir de l’autre côté du monde
Maud et Gabriel dans les poches
A la recherche de la tendresse évanouie
Je fais partie de celles qui ne tombent pas maman
Je continuerai à danser comme si la Terre allait arrêter de tourner
Comme tu me l’as appris
Fontaine végétale tes mains délicates portent l’anneau colombien
Depuis des années
J’ai peur des départs maman
J’ai peur de ton départ
J’ai constitué une armée d’enfants soldats qui dans cette maison ont fait venir les aurores boréales dont tu me parlais quand j’étais petite
Tu étais là, assise par terre, derrière la table de papy Alain
Et ce goût de liberté tendre et joyeuse
Arrimée à tous ceux qui t’entourent
Etait là, avec nous
On refait le monde maman. On refera le monde maman, comme tu m’as appris, toujours à la pointe de l’épée. Je regarde papa peindre depuis petite tu sais. Il fait toujours venir la lumière de l’obscurité. C’est grave et léger à la fois, la joie.
Ode à toi maman. Ode à la joie partagée. Ode à nos fous rires qui nous faisaient quitter les salles d’opéra. Je le convoque aujourd’hui autour de ton corps que j’aime et qui repose tendrement à côté de cette maison que tu aimes tant.
Le monde entre comillasnous arrive toujours avec un temps de latence, les monstres se cachent derrière le figuier du jardin
J’ai appris à leur parler dans la nuit
La peine comme un trou au milieu de la poitrine duquel Salen flores mama
Salen flores y ojos verdes abiertos en el río
Les magiciens aux voix blessées écrivent des comptes dans les placards
Un jour, je te les murmurerai à l’oreille
J’ajoute une chose,
Hier, le grand feu a embrasé l’horizon. J’écoutais les merveilleux amis s’inquiéter pour nous et préparer les bagages, au cas où. L’électricité était coupée à la maison. J’ai eu envie de rire, et de pleurer aussi un peu. Je me suis dit : elle nous a fait le coup de l’incendie. Horizon rouge, gris, les flammes, et le vent qui emporte tout sur son passage. Je savais bien que tu ne pouvais pas partir sans nous faire un signe à 15 000 volts. J’ai pensé au prologue de ton roman : «Les grands feux sont une espèce en voie de disparition. Ils se propagent à la vitesse du vent et de la nuit. Leur souveraineté soumet l’espace. Pareils aux météorites et au désir, leur dangerosité, leur degré de combustion, leur trajectoire sont imprévisibles.
Dévastation. Régénération. Nous sommes de même nature ; des feux.»
Tu es notre maman aimée
J’ai prié pour toi toute la nuit
Je t’aime.
(1) L’Envers du feu, éditions Albin Michel, 2015.
Clara Dufourmantelle
Source : Libération
Par Clara Dufourmantelle — 30 juillet 2017 à 17:06
A sa mère Anne Dufourmantelle disparue le 21 juillet
Réseau de lumières éparses dans la nuit je vous cherche encore Réseau de lumières amies venez pressez-vous autour de nos visages L’ombre nous avale
Et le rire de maman contre mon épaule
Me montre le chemin. Eteignez les lumières de la ville Eteignez les bougies Les phares de vos voitures Je cherche le rayon vert qui part du cœur Comme un ange J’ai attendu toute la nuit Je voulais entendre ta voix encore une fois Et c’est ton rire qui a explosé dans mes pensées Comme un bateau En deuil Au milieu de l’espace
Maman,
Tu m’as appris à me réjouir de chaque imprévu
Tu m’as appris à dire oui
A plonger la tête dans l’invisible et tu m’as donné une soif de vivre, une soif de célébrer la vie, qui m’habite inépuisablement et qui est au cœur de mon désir de travailler avec la scène. De créer des communautés enthousiasmées et enthousiasmantes autour de la musique, de la parole. On a écumé ensemble les musées et les opéras, tu m’as donné l’amour de la renaissance italienne, l’amour des romans, de la philosophie, l’amour de l’amour. Un jour je t’ai dit que ce qui nous différenciait toi et moi, c’était le rapport qu’on avait à la vérité. Je pensais que tu n’y croyais pas et je trouvais ça facile. J’avais tort je crois. A ta façon, un slalom tout en douceur, tu restes libre. Tu passes dans nos vies avec ton amour et tu disparais maman. Une histoire de karma. Mon problème, tu disais, c’est que je veux toujours être une fée.
Tu as toujours fait ce que tu désirais maman. Je me souviens d’une discussion sur l’héroïsme qu’on avait eue ensemble. J’étais très excitée après avoir lu un passage des séminaires de Lacan. Je trouvais ça merveilleux de définir la figure du héros comme celui qui ne cède pas sur son désir. Je crois que tu es une belle héroïne maman.
Tu as publié ton premier roman (1), tu as aimé follement et toujours comme tu le voulais toi.
Tu as ta façon bien particulière d’être hors-la-loi maman. Tu fais toujours les choses un peu à côté, avec un sourire tendre, comme pour t’excuser d’être celle qui regarde dans le sens inverse. Comme si c’était involontaire, comme si tu n’y pouvais rien. Tu as cette façon de te tromper toujours de mois ou de jour quand tu achètes des billets d’avion, de taper le rythme des chansons avec la pédale de frein dans la voiture. Tu te débrouillais toujours pour couper toutes les files, mais avec une telle tendresse que personne ne disait jamais rien. Tu avais cette façon de défendre les positions anarchistes les plus belles, les plus courageuses, avec ce petit rire d’excitation que tu as quand tu t’enthousiasmes. Tu as une force et un courage et une puissance inouïs, maman. Tu montres souvent pattes blanches mais personne n’est dupe. Moi, je ne suis pas dupe. Ta puissance, je l’accueille dans mon cœur, et j’espère que de là-haut, tu seras fière des fêtes à venir.
J’ai envie de partir de l’autre côté du monde
Maud et Gabriel dans les poches
A la recherche de la tendresse évanouie
Je fais partie de celles qui ne tombent pas maman
Je continuerai à danser comme si la Terre allait arrêter de tourner
Comme tu me l’as appris
Fontaine végétale tes mains délicates portent l’anneau colombien
Depuis des années
J’ai peur des départs maman
J’ai peur de ton départ
J’ai constitué une armée d’enfants soldats qui dans cette maison ont fait venir les aurores boréales dont tu me parlais quand j’étais petite
Tu étais là, assise par terre, derrière la table de papy Alain
Et ce goût de liberté tendre et joyeuse
Arrimée à tous ceux qui t’entourent
Etait là, avec nous
On refait le monde maman. On refera le monde maman, comme tu m’as appris, toujours à la pointe de l’épée. Je regarde papa peindre depuis petite tu sais. Il fait toujours venir la lumière de l’obscurité. C’est grave et léger à la fois, la joie.
Ode à toi maman. Ode à la joie partagée. Ode à nos fous rires qui nous faisaient quitter les salles d’opéra. Je le convoque aujourd’hui autour de ton corps que j’aime et qui repose tendrement à côté de cette maison que tu aimes tant.
Le monde entre comillasnous arrive toujours avec un temps de latence, les monstres se cachent derrière le figuier du jardin
J’ai appris à leur parler dans la nuit
La peine comme un trou au milieu de la poitrine duquel Salen flores mama
Salen flores y ojos verdes abiertos en el río
Les magiciens aux voix blessées écrivent des comptes dans les placards
Un jour, je te les murmurerai à l’oreille
J’ajoute une chose,
Hier, le grand feu a embrasé l’horizon. J’écoutais les merveilleux amis s’inquiéter pour nous et préparer les bagages, au cas où. L’électricité était coupée à la maison. J’ai eu envie de rire, et de pleurer aussi un peu. Je me suis dit : elle nous a fait le coup de l’incendie. Horizon rouge, gris, les flammes, et le vent qui emporte tout sur son passage. Je savais bien que tu ne pouvais pas partir sans nous faire un signe à 15 000 volts. J’ai pensé au prologue de ton roman : «Les grands feux sont une espèce en voie de disparition. Ils se propagent à la vitesse du vent et de la nuit. Leur souveraineté soumet l’espace. Pareils aux météorites et au désir, leur dangerosité, leur degré de combustion, leur trajectoire sont imprévisibles.
Dévastation. Régénération. Nous sommes de même nature ; des feux.»
Tu es notre maman aimée
J’ai prié pour toi toute la nuit
Je t’aime.
(1) L’Envers du feu, éditions Albin Michel, 2015.
Clara Dufourmantelle
Source : Libération
mardi 5 décembre 2017
Pourquoi s'accrocher à un mode de vie dont on dit ne plus vouloir ?
"Dans cette vie dont on ne veut pas, il existe quelque chose à quoi on tient absolument ou sans laquelle on croit qu'on ne peut pas survivre, et donc qu'on n'est pas prêt de perdre. Sauter dans l'inconnu, ça voudrait dire lâcher cette chose qu'on croit détester, et qu'on garde en réalité précieusement. On croit que notre mode de vie constitue notre identité. Allez dire à quelqu'un qui est malheureux dans son travail, par exemple, qu'il y a dans cette situation quelque chose qu'il chérit. Quand je dis qu'il chérit, c'est de la provocation. Disons qu'il protège. Qu'il ne veut lâcher à aucun prix. Et qui l'empêche notamment d'aborder sa vie comme absolument nouvelle à l'instant où il le décide."
Anne Dufourmantelle, Se trouver. Entretien avec Laure Leter, Editions Jean-Claude Lattès, 2014, p.97
Anne Dufourmantelle, Se trouver. Entretien avec Laure Leter, Editions Jean-Claude Lattès, 2014, p.97
jeudi 16 novembre 2017
Touchant touché
Il portait un masque
Pour tous il était intouchable
A l'abri des regards
Je me suis approché
En même temps que je touchais
Je me suis senti touché!
Personne n'a rien vu!
Pour tous il était intouchable
A l'abri des regards
Je me suis approché
En même temps que je touchais
Je me suis senti touché!
Personne n'a rien vu!
jeudi 9 novembre 2017
Gaston Bachelard, La poétique de l'espace, PUF, 2009.
Extrait:
"Dès qu'on apporte une lueur de conscience au geste machinal, dès qu'on fait de la phénoménologie en frottant un vieux meuble, on sent naître, au-dessous de la douce habitude domestique, des impressions nouvelles. La conscience rajeunit tout. Elle donne aux actes les plus familiers une valeur de commencement."
"Dès qu'on apporte une lueur de conscience au geste machinal, dès qu'on fait de la phénoménologie en frottant un vieux meuble, on sent naître, au-dessous de la douce habitude domestique, des impressions nouvelles. La conscience rajeunit tout. Elle donne aux actes les plus familiers une valeur de commencement."
dimanche 15 octobre 2017
Les formes modernes de l'absence de pensée
"…le sentiment d'absurdité de la vie n'est pas le symptôme d'une pathologie mais une disposition à la vérité, non altérée par l'illusion que les notions même de "sens", de "finalité" peuvent provoquer. Elle est la matière même de l'humour, et du processus d'individuation qui en découle. S'individuer, c'est prendre conscience de la faiblesse inhérente à l'individu et du seul destin ici proposé sur la terre. L'absurdité est le chemin offert à l'homme, comme matière à sublimation."
Cynthia Fleury, Les Irremplaçables, Gallimard, 2015, p.52
Prix Paul Ricœur et Rencontre-débat à Metz - 25 novembre 2017
Chers amis,
Pour célébrer le cinquantième anniversaire du Traité de Rome, nous vous convions, le 25 novembre 2017, à notre rencontre-débat de l'automne sur le thème : « le regard de Paul Ricœur sur l’Europe».
Il nous a semblé symbolique de tenir cet événement, non à Paris, mais dans la ville où l'idée de ce traité a vu le jour, la ville de Robert Schuman: Metz. La renaissance des marchés de Noël et le nouveau Centre Pompidou s'ajoutent aux attraits touristiques de Metz et à l'intérêt de notre événement.
Nos intervenants seront :
- François Scheer, Ambassadeur de France,
- Monique Castillo (Université de Créteil-Val de Marne)
- Azadeh Thiriez-Arjangi (Fonds Ricœur)
- Jean-Marc Ferry (Université de Nantes)
- Gilbert Vincent (Université de Strasbourg)
A cette occasion, nous remettrons le prix Paul Ricœur 2017 à Hans Joas, professeur à Berlin et à Chicago, pour son livre « comment la personne est devenue sacrée «
Notre rencontre et la remise du prix auront lieu à partir de 14h15, en l'église Saint- Maximin, grâce à Robert Scholtus, son curé ; cette église est en plein cœur de la ville, et vous pourrez y admirer les seuls vitraux de Jean Cocteau et acheter les livres des intervenants. La gare impériale est à moins d'un km. Le dernier train pour Paris est à 18h 56.
Vous pouvez, bien sûr, organiser librement votre séjour à Metz. L'association vous propose cependant un programme pour la matinée :
- accueil à la gare à 10h10 (départ de la Gare de l'Est à Paris à 8h40)
- visite du Centre Pompidou (exposition sur le Japon, le prix d'entrée sera fonction du nombre d'inscrits)
- visite de la cathédrale (la plus grande surface de vitraux au monde)
- buffet lorrain à la bonne franquette (contribution de 25 euros).
Pour pouvoir organiser cela au mieux, nous vous demandons de vous inscrire dès que possible, par retour, à tout ou partie de ce programme.
Pour toute question, contactez Roland Reitter ( reitter@hec.fr
Bien cordialement,
Didier Sicard
Le regard de Paul Ricœur sur l’Europe
Depuis la création de l’Union Européenne, la dimension économique et financière exerce une domination excessive au détriment d’une culture européenne commune.
Ricœur, aussi germanophile qu’américanophile a tenté à plusieurs reprises de proposer à l’Europe une ambition plus culturelle, plus politique au sens premier du terme. Ne pas s’enfermer dans une identité nationale toujours meurtrière pour chacun des pays, mais, au contraire, aller à la rencontre des autres traditions, partager les langues (chaque pays devrait, au moins, en avoir deux à sa disposition), partager les mémoires pour créer une mémoire commune plutôt que se complaire dans les affrontements mémoriels du passé. En un mot, susciter cette évidence d’une Europe du futur, modèle d’humanité et d’intelligence.
Ce colloque n’est pas seulement destiné à faire vivre la parole de Paul Ricœur, mais à réfléchir ensemble dans cette ville européenne qu’est Metz pour construire un futur débarrassé des scories du passé.
Didier Sicard
Président de l’Association Paul Ricœur
Hans Joas et son livre
Il s'agit donc du livre de Hans Joas, Comment la personne est devenue sacrée, Labor et Fides, 2016.
Hans Joas est un sociologue allemand de renommée internationale. Il est professeur de sociologie de la religion à l'université Humbolt de Berlin et professeur de sociologie et pensée sociale à l'université de Chicago. Auteur de nombreux livres en Allemagne, son ouvrage La créativité de l'agir paru en Allemagne en 1992 a été traduit en français en 2008.
Dans cet ouvrage, Hans Joas propose au lecteur une généalogie particulièrement riche et nouvelle de l'émergence du thème des droits de l'homme. Il dépasse la traditionnelle alternative entre les tenants d'une explication par les Lumières et ceux qui s'appuient sur la seule tradition judéo-chrétienne. Dans une perspective résolument durkheimienne, il se propose de comprendre la progressive "sacralisation" des droits de l'homme à partir des modalités d'appropriation subjectives de la singularité de la personne humaine. L'originalité de son approche est de lier les apports de la sociologie, de l'histoire et de l'anthropologie pour souligner à la fois la contingence, l'ancrage historique de l'émergence des droits de l'homme et leur ambition d'universalité.
François Dosse,
Président du Jury
Réactions
6 Katia Diot, Yo Dufayetdelatour et 4 autres personnes
Commentaires
Yo Dufayetdelatour Quel bonheur et quelle richesse!
11 octobre, 00:34
Inscription à :
Articles (Atom)
Citation du jour
"La philosophie ne se développe pas en progressant, elle est au contraire l'effort de déployer et d'éclairer le même petit nom...
-
"L'être humain a-t-il un but ? Si oui, c'est alors celui-ci : de n'avoir aucun, afin que ses possibilités ne soient pas c...
-
« Savoir ce qui est mis en question dans la question fondamentale peut de lui-même préparer le chemin et lui donner le ton qui le détermine...
-
Bonne nouvelle, j’ai retrouvé Valère Novarina, je n’avais plus de nouvelles depuis plusieurs mois, alors qu’il me suffisait de lever les ye...