"Ô moi ! Ô vie !
Ô moi ! Ô vie ! Les questions sur ces sujets
qui me hantent,
Les cortèges sans fin d'incroyants, les villes
peuplées de sots,
Moi-même qui constamment me fais
des reproches, (car qui est plus sot que moi
et qui plus incroyant ?)
Les yeux qui vraiment réclament la lumière,
les buts méprisables, la lutte sans cesse
recommencée,
Les pitoyables résultats de tout cela, les foules
harassées et sordides que je vois autour de moi,
Les années vides et inutiles de la vie des autres,
des autres à qui je suis indissolublement lié,
La question, ô moi ! si triste et qui me hante —
qu'y a-t-il de bon dans tout cela, ô moi, ô vie ?
Réponse.
Que tu es ici — que la vie existe, et l'identité,
que le puissant spectacle se poursuit
et que peut-être tu y contribueras un poème."
Walt Whitman (1819-1892) , Feuilles d'herbe, Albin Michel, 2001, p. 124-125.
Préface de Philipe Delerm
Illustration de Michele Ferri
Magnifique hommage à ce chef-d'œuvre de la poésie du XIXe siècle.
vendredi 19 février 2010
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Valère Novarina, Le jeu des Ombres
Bonne nouvelle, j’ai retrouvé Valère Novarina, je n’avais plus de nouvelles depuis plusieurs mois, alors qu’il me suffisait de lever les ye...
-
"Le monde où nous vivons m'est apparu, dès l'enfance, comme une vaste énigme, à la fois terrifiante et superbe, que nous avons ...
-
"L'être humain a-t-il un but ? Si oui, c'est alors celui-ci : de n'avoir aucun, afin que ses possibilités ne soient pas c...
-
"La poésie, pour sa part, n'est nullement l'ennemie du philosophique. Placer des limites à la pensée conceptuelle n'est p...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire