mercredi 2 avril 2008

J'ai rêvé de Sarah!

Je vais être absent du blog pendant une semaine, rien de grave : je pars dans un endroit merveilleux, propice au recueillement et au silence! Mais j'y vais pour bosser, ou plutôt faire bosser les autres. 
Vous suivez ? Non ? Ce n'est pas grave.
Mais rien que d'y penser je me rends compte à quel point ce lieu de rendez-vous (je parle du blog) d'un genre singulier m'est devenu familier, attachant…! 
Si bien que je me surprends à penser au blog comme s'il s'agissait de mon enfant (c'est grave, docteur?) : que va-t-il devenir en mon absence ?Serez-vous là pour lui tenir compagnie, lui parler poésie, philosophie…, lui confier des mots d'amour, d'espérance…, et peut-être de protestation aussi ou de révolte? 
Bref, c'est dur de partir sans lui, mais il le faut. 
Et puis, une semaine qu'est-ce que c'est au regard de l'éternité?
Je sais, c'est prétentieux. 
Quoi que…
En fait, voilà, j'oubliais, je ne voulais pas m'arrêter là aujourd'hui, j'étais venu pour confier au blog, et aussi à vous par la même occasion, un soi-disant "rêve", vous voyez, histoire de lui laisser quelque chose à méditer pendant mon absence.
Ici je suis un peu injuste en qualifiant de "soi-disant" ce qui relève effectivement de l'imaginaire, que j'ai conçu comme dans un rêve, quoique éveillé, et dans un mouvement intérieur non maîtrisé, sans retenu, disons.
Seulement, voilà,  il vous faut attendre encore demain. Ce soir, c'est trop tard, il va être bientôt minuit et je sens mes paupières me trahir.
Promis, demain matin avant de partir je vous raconte mon rêve sur Sarah. Vous voyez au moins qui sait, Sarah ? Voyons, l'épouse du "père des croyants", comme on l'appelle: Abraham!
Mais oui, la chère vieille Sarah qu'Abraham appelait "ma princesse". En voilà un autre prétentieux. Non, Sarah, c'est la princesse, un point c'est tout, elle est ton épouse d'accord, mais tu ne la possèdes pas, admets-le père Abraham. C'est pour cela d'ailleurs qu'un pauvre hère comme moi peut en rêver sans culpabiliser.
A demain donc!

samedi 29 mars 2008

Citation du jour

"Oui. On nous oubliera. C'est la vie, rien à faire. Ce qui aujourd'hui nous paraît important, grave, lourd de conséquences, eh bien, il viendra un moment où cela sera oublié, où cela n'aura plus d'importance. Et, c'est curieux, nous ne pouvons savoir aujourd'hui ce qui sera un jour considéré comme grand et important, ou médiocre et ridicule…"
Anton Tchekhov 

jeudi 20 mars 2008

Citation du jour

"Rendre l'autre fou est dans le pouvoir de chacun : qu'il ne puisse pas exister pour son compte, penser, sentir, désirer en se souvenant de lui-même et de ce qui lui revient en propre."
(Harold Searles, L'effort pour rendre l'autre fou, Gallimard)

dimanche 16 mars 2008

Conversation avec Dieu

"J'avais invité Dieu à déjeuner.
— Je ne prends rien, dit-il.
— Ça m'aurait surpris, dis-je.
"Une omelette aux fines herbes!", dis-je au garçon.
— Et si les œufs ne sont pas frais ? dit Dieu.
— Vous devez le savoir, dis-je.
— Oui, dit-il, oui bien sûr.
L'omette arrivait.
— C'est bon, dis-je.
— Ah! dit Dieu, si je pouvais me payer le luxe d'être un homme.
— Qui vous en empêche ? dis-je.
— Ça ne me réussit pas, dit-il. La dernière fois encore, ils m'ont crucifié.
— C'est de votre faute, dis-je. Il faut toujours que vous vous fassiez remarquer.
— On est comme on est, dit Dieu. On ne se refait pas.
— Alors, dis-je, à quoi ça vous sert d'exister ?
— Je ne sais pas, dit Dieu, c'est comme ça. S'il y avait une raison il y a beau jeu que j'en aurais profité pour disparaître.
— Ah oui! dis-je.
— Oh, dit Dieu, c'est tout de même plaisant d'être ensemble.
— Oui, dis-je, mais les œufs ne sont pas frais. Mon foie grince.
— Vous allez peut-être mourir, dit Dieu.
— Ça vous amuserait ? dis-je.
— Non, dit Dieu. Mais je vous envie."
(Pierre Bettencourt, Conversations avec Dieu, éditions Lettres Vives, 2000)
Un tout petit livre de 65 pages, à lire avec modération et beaucoup de recul. 

mercredi 12 mars 2008

Citation du jour

"Les utopies consolent: c'est que si elles n'ont pas de lieu réel, elles s'épanouissent pourtant dans un espace merveilleux et lisse: elles ouvrent des cités aux vastes avenues, des jardins bien plantés, des pays faciles, même si leur accès est chimérique.
Les hétérotopies inquiètent, sans doute parce qu'elles minent secrètement le langage, parce qu'elles empêchent de nommer ceci ou cela, parce qu'elles brisent les noms communs ou les enchevêtrent, parce qu'elles ruinent d'avance la "syntaxe", et pas seulement celle qui construit les phrases — celle moins manifeste qui fait "tenir ensemble" (à côté et en face les uns des autres) les mots et les choses"
Michel Foucault

mardi 4 mars 2008

RdV sur les Ondes

Pour ceux et celles que cela intéresse, je présente le livre de Laurence Cossé "Le Coin du Voile" (Gallimard) sur Radio Alliance 103.1 , ce mardi 04 mars à 17h et à 21h. 
Sinon RdV chaque mois sur la même antenne dans l'émission 7 à voir / 7 à lire. Le prochain livre (je vous le recommande si vous ne l'avez pas encore lu) c'est celui d'Eric-Emmanuel Schmitt "Le Visiteur" publié chez Actes Sud. Et si c'était Dieu, lui-même, sous l'apparence d'un dandy, qui rendait visite au vieux Freud, malade et sur le point de partir en exil à Londres pour échapper aux Nazis ! 
Passionnant, génial, tout simplement!
Allez, à bientôt.

Citation du jour

 "La philosophie ne se développe pas en progressant, elle est au contraire l'effort de déployer et d'éclairer le même petit nom...