Anton Tchekhov
samedi 29 mars 2008
Citation du jour
"Oui. On nous oubliera. C'est la vie, rien à faire. Ce qui aujourd'hui nous paraît important, grave, lourd de conséquences, eh bien, il viendra un moment où cela sera oublié, où cela n'aura plus d'importance. Et, c'est curieux, nous ne pouvons savoir aujourd'hui ce qui sera un jour considéré comme grand et important, ou médiocre et ridicule…"
samedi 22 mars 2008
jeudi 20 mars 2008
Citation du jour
"Rendre l'autre fou est dans le pouvoir de chacun : qu'il ne puisse pas exister pour son compte, penser, sentir, désirer en se souvenant de lui-même et de ce qui lui revient en propre."
(Harold Searles, L'effort pour rendre l'autre fou, Gallimard)
dimanche 16 mars 2008
Conversation avec Dieu
"J'avais invité Dieu à déjeuner.
— Je ne prends rien, dit-il.
— Ça m'aurait surpris, dis-je.
"Une omelette aux fines herbes!", dis-je au garçon.
— Et si les œufs ne sont pas frais ? dit Dieu.
— Vous devez le savoir, dis-je.
— Oui, dit-il, oui bien sûr.
L'omette arrivait.
— C'est bon, dis-je.
— Ah! dit Dieu, si je pouvais me payer le luxe d'être un homme.
— Qui vous en empêche ? dis-je.
— Ça ne me réussit pas, dit-il. La dernière fois encore, ils m'ont crucifié.
— C'est de votre faute, dis-je. Il faut toujours que vous vous fassiez remarquer.
— On est comme on est, dit Dieu. On ne se refait pas.
— Alors, dis-je, à quoi ça vous sert d'exister ?
— Je ne sais pas, dit Dieu, c'est comme ça. S'il y avait une raison il y a beau jeu que j'en aurais profité pour disparaître.
— Ah oui! dis-je.
— Oh, dit Dieu, c'est tout de même plaisant d'être ensemble.
— Oui, dis-je, mais les œufs ne sont pas frais. Mon foie grince.
— Vous allez peut-être mourir, dit Dieu.
— Ça vous amuserait ? dis-je.
— Non, dit Dieu. Mais je vous envie."
(Pierre Bettencourt, Conversations avec Dieu, éditions Lettres Vives, 2000)
Un tout petit livre de 65 pages, à lire avec modération et beaucoup de recul.
mercredi 12 mars 2008
Citation du jour
"Les utopies consolent: c'est que si elles n'ont pas de lieu réel, elles s'épanouissent pourtant dans un espace merveilleux et lisse: elles ouvrent des cités aux vastes avenues, des jardins bien plantés, des pays faciles, même si leur accès est chimérique.
Les hétérotopies inquiètent, sans doute parce qu'elles minent secrètement le langage, parce qu'elles empêchent de nommer ceci ou cela, parce qu'elles brisent les noms communs ou les enchevêtrent, parce qu'elles ruinent d'avance la "syntaxe", et pas seulement celle qui construit les phrases — celle moins manifeste qui fait "tenir ensemble" (à côté et en face les uns des autres) les mots et les choses"
Michel Foucault
mardi 4 mars 2008
RdV sur les Ondes
Pour ceux et celles que cela intéresse, je présente le livre de Laurence Cossé "Le Coin du Voile" (Gallimard) sur Radio Alliance 103.1 , ce mardi 04 mars à 17h et à 21h.
Sinon RdV chaque mois sur la même antenne dans l'émission 7 à voir / 7 à lire. Le prochain livre (je vous le recommande si vous ne l'avez pas encore lu) c'est celui d'Eric-Emmanuel Schmitt "Le Visiteur" publié chez Actes Sud. Et si c'était Dieu, lui-même, sous l'apparence d'un dandy, qui rendait visite au vieux Freud, malade et sur le point de partir en exil à Londres pour échapper aux Nazis !
Passionnant, génial, tout simplement!
Allez, à bientôt.
jeudi 28 février 2008
Valère Novarina
Absent du blog depuis une semaine, je m'étais promis d'écrire sur ce qui est présent pour moi depuis quelques jours, à savoir un questionnement (plus ou moins tendu) sur le thème du choix: qu'est-ce qui détermine nos choix ? Peut-on choisir sans risques ?
Mais, sans savoir pourquoi, peut-être pour retarder le moment de l'écriture ou simplement pour me changer les idées, j'ai plongé dans "L'Espace furieux" de V. Novarina. Livre que j'ai commencé depuis longtemps et que je ne suis pas du tout pressé de terminer, et que je lis toujours avec le même dépaysement, le même étonnement et à chaque fois avec autant de plaisir. Je sais, certains de mes amis n'aiment pas Novarina, ils le trouvent hermétique, trop abstrait (et pourtant, ils continuent à le lire!). Moi, j'aime la musique de ses phrases, le côté absurde aussi des choses de la vie qu'il décrit avec une certaine délectation…
Bref, en lieu et place de ma propre réflexion, je cours le risque (non calculé) de vous donner à lire un passage de L'espace furieux. C'est mon choix du jour, et j'en profite pour vous inviter à vous procurer le livre aux éditions P.OL.
"Le temps n'a plus aucun instant à passer avec nous.
La vie n'a plus aucun instant à penser à nous.
Même le présent n'a plus le temps d'être avec nous.
Le futur est arrivé sans qu'on prenne garde à soi.
Passé s'est terminé sans qu'on ait su pourquoi.
Il faut que je me crève en rêve quelque chose dans la tête que j'ai en trop depuis le premier instant de ma pensée émise.
Si quelqu'un venait, dans moi, à ma place, je ne serais pas digne de lui lacer ses souliers.
J'hésite à partir d'ici.
J'arrive plus à mettre les pieds hors d'ici.
Les plafonds sont au sommet.
J'arrive plus à mettre les deux pieds dans la même mentalité.
J'arrive plus à mettre mes pensées en idées.
Mes deux pensées pensent, chacune de son côté.
J'arrive plus à garder les mains à la place du tronc.
Ma tête est imminente. Je vais passer lui laisser la suite…"
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